Chanson de 1953
© VVCP . Septembre 2003
Cartes postales
Le texte qui suit est tiré du livre "Le maquis de Corlay" imprimé en 1950 à Dijon par l'imprimerie Jobard. Il s'agit d'un ouvrage de 200 pages rassemblant essentiellement des témoignages directs de résistants locaux. De ce livre (disponible à la Bibliothèque Municipale) nous tirons uniquement l'article qui concerne la section de Varennes-le-Grand
Histoire locale / Archives et documents
COMPTE RENDU DE LA PARTICIPATION A LA LIBÉRATION DE LA SECTION DE VARENNES-LE-GRAND (Chef de section : POIRELLE (Mataf). Au début d'octobre 1943, le noyau de résistance se forme à Varennes-le-Grand. Verguet Camille, sollicité par l'adjudant Baron Pierre, de Saint-Ambreuil, recrute des hommes et c'est ainsi que j'entre dans l'A. S. avec Boucassot, Brun, Prost, Paponneau, Coulon, etc... - La première sortie s'effectue en janvier 1944 : nous allons à Gergy, chercher de l'essence. Y participent : Baron Pierre, Lambert André, Guyon André, Pagand René, des groupes Laives-La Ferté ; Boucassot et Poirelle du groupe- de Varennes. Nous rentrons sans résultat. A cette époque, notre armement consiste en fusils modèle 92 et en quelques 6,35. Les premières armes automatiques nous sont attribuées après le parachutage en pleine rue de Sennecey- le-Grand, le 16 février 1944 ; nous touchons deux fusils-mitrail¬leurs, des mitraillettes et quatre fusils. Etant le plus ancien en service, je suis désigné par Boucassot (passé au service des parachutages pour toute la région) pour faire la théorie et enseigner le maniement des armes. Nous faisons quelques sorties, en particulier pour camoufler plusieurs caisses de plastic dans un caveau du cimetière de Saint-Ambreuil. -Le 23 mars 1944, je suis convoqué par Boucassot à une réunion à Laives. Y assistent l'adjudant Thibert, Baron, Boucassot, Roy, Guyon et quelques autres. On nous donne le message et l'indication de quatre parachutages. A la fin de la séance, après délibération du chef de secteur Thibert et de ses adjoints, on me nomme chef de section de Varennes. - La section de Varennes effectue, en coopération avec Laives et Beaumont, plusieurs réceptions de parachutages, notamment à Saint-Cyr et à Gigny. J'assure la protection de ma section. - Fin avril, avec quelques hommes de Varennes, Baron, Boucassot et des hommes de Laives, nous tentons un déraillement au lieu-dit « Chaplace ». - Le 6 juin, ma section prend le maquis dans la forêt de La Ferté. Comme je suis malade, c'est Verguet (Mauchamp) qui conduit la section. - La nuit du 6 au 7 juin, sous les ordres de Lafoy, deux hommes de Beaumont et deux hommes de ma section coupent en deux fois le câble téléphonique souterrain, en face de Boyer. - De retour le 9 juin au soir, et les hommes renvoyés dans leurs foyers par ordre de Lafoy, chef de secteur en remplacement de Thibert, nous collaborons avec le maquis de Corlay dirigé par Thibert, pour exécuter divers sabotages et recevoir de nouveaux parachutages. - Nous détruisons la ligne à haute tension, près de la Thermique de Chalon ; en trois fois nous faisons sauter le 45.000 et le 150.000 qui, tombant dans la Saône, interrompent le trafic fluvial pendant plusieurs jours. - Nous prenons part également au parachutage qui nous envoie le commandant Goujon et sa mission. Nous sommes aussitôt rattachés à 1. 105e compagnie de Corlay. - Le 11 août, attaque de Cluny : pour parer à toute surprise de la part de l'ennemi, nous montons en renfort à Corlay. - La nuit du 17 au 18 août, nous participons au sabotage de vingt-cinq longueurs de voie ferrée « en Chaplace » ; nous avons pour mission de couper les lignes téléphoniques de chaque côté de la voie. - Le 25 août, au moulin de Saint-Cyr, nous récupérons un side-car dont les occupants ont été tués par l'expédition de Provenza. Nous faisons disparaître les corps. - Le 5 septembre, nous faisons une douzaine de prisonniers, dont deux à mon actif. Je ne signale pas dans ce résumé toutes les opérations auxquelles nous avons participé parce que je ne me souviens pas exactement des dates ni du travail accompli ; cependant, avant la formation de Corlay, nous avons coopéré aux opérations de Laives et, par la suite, nous avons participé à de nombreux coups de main exécutés par le maquis de Corlay. Chalon-sur-Saône, le 26 février 1945. Le chef de section : Signé : POIRELLE.
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